RACI et gouvernance : clarifier les responsabilités pour sécuriser les projets de construction

Dans le cadre d’une opération de construction, la gouvernance définit le cadre de la prise de décision et les responsabilités de chacun. La matrice RACI permet de clarifier les rôles : qui fait, qui décide, qui est consulté et qui est informé. Sans frontières claires, surtout sous pression, les rôles ont tendance à se confondre, ce qui fragilise l’ensemble du système décisionnel.

La gouvernance : une réalité structurante

Toutes les opérations, qu’elles soient petites ou grandes, ont besoin d’une gouvernance définie en amont pour garantir leur réussite.

Sur les grandes réalisations, l’écosystème dans lequel évoluent les parties prenantes est assez dense. Les chefs de projet dirigent des équipes composées de personnel interne et externe, en nombre variable. Ils évoluent par ailleurs dans un environnement où le maître d’ouvrage, l’AMO, les entreprises, le contrôleur technique, le coordinateur SPS, etc., jouent un rôle précis, défini juridiquement et opérationnellement.

Pour bien fonctionner, cet écosystème requiert une gouvernance structurée, c’est-à-dire un cadre décisionnel clair permettant à chacun d’exercer pleinement ses responsabilités sans empiéter sur celles des autres, tout en garantissant qu’une personne tranche en cas de besoin. Il faut donc savoir clairement qui arbitre entre coût et délai, entre sécurité et planning, ou encore entre qualité et exploitation.

La matrice RACI : un outil simple

Définir la gouvernance, c’est donc à la fois organiser les instances et les circuits de décision, mais aussi définir les responsabilités de chacun.

Des réunions périodiques sont organisées pour informer, prendre des décisions ou coordonner les équipes et les entreprises (comité de pilotage, réunion de chantier, réunion d’équipe hebdomadaire, réunion client, etc.).

Pour définir les responsabilités de chacun, la matrice RACI est un excellent outil qui doit être mis en place en amont. Elle ne précise toutefois pas la manière de travailler. Elle définit cependant les responsabilités de chacun ainsi que les limites de leurs champs d’action. Elle traduit donc la gouvernance au quotidien :

– Qui réalise (Responsable = R) ;

– Qui a l’autorité pour arbitrer ou décider (Accountable = A) ;

– Qui est consulté (Consulted = C) ;

– Qui a été informé (Informed = I).

La confusion des rôles : le vrai risque des grands projets

Un point important, souvent mal compris, est qu’il ne peut y avoir qu’un seul A par tâche. En effet, lorsque plusieurs A sont attribués à une même tâche, la responsabilité devient floue. Elle peut également le devenir lorsque quelqu’un s’immisce dans les tâches d’un autre, lorsque la frontière entre A et R n’est plus respectée ou lorsque des C souhaitent prendre des décisions. On confond alors exécution et décision, contribution et responsabilité.

Sous la pression des retards et des aléas techniques, un cadre de décision flou brouille les responsabilités. Les rôles se mélangent alors. Et soudain, plus personne n’est réellement responsable. Ce qui fragilise les choix et finit par affaiblir le fonctionnement de l’équipe.

Quand chacun tient sa place, le chantier avance

Respecter les responsabilités, c’est permettre à chacun non seulement d’assumer pleinement son rôle, mais aussi de s’y sentir bien, même lorsque les décisions sont inconfortables.

Les chefs de projet ont notamment pour mission de faire respecter les limites de responsabilité et les circuits de validation en donnant l’exemple, sans pour autant se substituer à R pour effectuer ses tâches. Ils l’aideront plutôt à devenir autonome, tout en restant dans leurs rôles de décideur.

La matrice RACI n’est pas qu’un joli tableau Excel que l’on range dans un coin une fois établi, mais un outil de gouvernance très utile lorsque le cadre de décision est clairement assumé.


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